Plongée sous-marine à Maurice : meilleurs sites, clubs, saisons
La première fois que j’ai plongé dans la Cathédrale, j’avais sous-estimé l’obscurité. Pas une obscurité oppressante, plutôt celle d’une grande salle dont les fenêtres laissent entrer une lumière oblique, bleutée, qui découpe les silhouettes des poissons en contre-jour. Les tubes de lave basaltique forment des colonnes qui montent vers la surface à une quinzaine de mètres. Un requin de récif dormait dans un coin, immobile, totalement indifférent. J’ai regardé mon guide, il a haussé les épaules sous l’eau d’un geste qui voulait dire « c’est normal ». C’était Flic en Flac, un mardi matin de juin.
Voilà ce que Maurice a à offrir sous la surface. Pas le plus spectaculaire du monde, ne vous attendez pas aux parois de la mer Rouge ou aux requins-baleines de Djibouti. Mais une diversité sérieuse, accessible, et des conditions qui permettent de plonger toute l’année si l’on choisit les bons moments.
Les saisons : quand plonger, quand éviter
La visibilité est le facteur déterminant. De mai à novembre, la saison sèche apporte des eaux claires, peu agitées, avec une visibilité de 20 à 30 mètres sur les meilleurs sites. C’est la période idéale. La mer est calme, le vent de sud-est pousse les eaux côtières vers le large et laisse les lagons tranquilles.
Janvier, février, mars : à éviter si vous avez le choix. Les cyclones passent sur la région, même quand ils n’atteignent pas Maurice directement. Les houles remettent des sédiments en suspension, la visibilité chute à 5-10 mètres par endroits, certains sites deviennent dangereux. Des clubs réduisent ou suspendent leur activité. Ce n’est pas impossible de plonger, mais c’est souvent décevant.
La température de l’eau varie entre 24 et 27°C en été (décembre à avril) et 22 à 24°C en hiver austral (juin à septembre). Une combinaison 3 mm suffit largement de mai à novembre. En plein hiver, quelques plongeurs sensibles préfèrent 5 mm pour les plongées longues ou profondes, mais ce n’est pas indispensable si vous êtes habitué aux eaux tempérées européennes.
La côte ouest : le centre de gravité de la plongée mauricienne
Flic en Flac et ses environs concentrent la majorité des clubs de plongée professionnels de l’île. Les conditions y sont les plus régulières, l’accès aux sites le plus simple, et la diversité des niveaux la mieux gérée. Si vous n’avez qu’un endroit où plonger à Maurice, c’est ici.
La Cathédrale
Le site emblématique. Une formation de tubes de lave submergée entre 18 et 30 mètres de profondeur. L’intérieur de la structure crée des jeux de lumière impossibles à décrire correctement en mots, il faut y être. Raies pastenagues, requins de récif dormeurs, barracudas en bancs, et une colonie de murènes particulièrement bien installée dans les fissures du fond. Accessible à partir du niveau Plongeur 2 ou PADI Advanced. La descente dans le « tube principal » demande de la maîtrise de sa flottabilité.
Rempart
Site parfait pour les débutants ou les plongeurs qui reviennent à la plongée après une pause. Peu profond (8-18 mètres), très riche en vie de récif, et fréquenté régulièrement par des tortues vertes qui viennent se faire « nettoyer » par les poissons-chirurgiens. L’eau y est souvent plus chaude qu’en profondeur. Un site sans stress, sans courant, idéal pour la photographie sous-marine.
La Passe de la Foudre
Rien à voir avec les deux précédents. C’est une plongée dérivante dans un courant fort, à réserver aux plongeurs expérimentés avec une bonne maîtrise de la plongée en courant. La vitesse de dérive peut surprendre. En contrepartie, les pélagiques sont là : thons, carangues géantes, requins marteau occasionnellement en saison. Le briefing du guide avant la mise à l’eau n’est pas optionnel ici.
Le nord : récifs, îlots et plongées bateau
Grand-Baie et Trou aux Biches sont les bases pour les plongées au nord. Moins intenses que la côte ouest, mais avec quelques sites qui valent le détour.
Colorado est le site d’initiation classique de la région : un récif peu profond, idéal pour les premières expériences en eau libre et pour le snorkeling. Coin de Mire, l’îlot volcanique au nord de l’île, offre une plongée de paroi avec des populations de pélagiques intéressantes. L’accès se fait en bateau depuis la côte, environ 45 minutes de traversée. Flat Island, plus loin, est une destination de demi-journée, un récif en meilleur état que la plupart des sites côtiers, avec moins de pression humaine.
L’est et le sud : Blue Bay et au-delà
Blue Bay Marine Park est la zone protégée la plus importante de Maurice pour le snorkeling et la plongée douce. Le jardin de coraux y est très bien conservé, les tortues y sont quasiment garanties, et une partie de la zone est classée zone de snorkeling où les bateaux motorisés ne peuvent pas entrer. Pour la plongée, les profondeurs restent modestes (10-15 mètres maximum dans les zones les plus intéressantes), mais la densité de vie est frappante. C’est l’un des rares endroits à Maurice où les coraux n’ont pas été massivement blanchis.
La côte sud, autour de Souillac et La Gaulette, est beaucoup moins développée côté plongée. Quelques sites sauvages pour plongeurs expérimentés, peu de clubs sur place, conditions plus variables. Pour ceux qui cherchent à s’éloigner des sentiers balisés.
La plongée de nuit : un autre monde
Flic en Flac est le meilleur endroit pour la nuit. Les récifs se transforment complètement. Les pieuvres sortent et chassent avec une agilité qui surprend toujours. Les homards promenent leurs antennes à découvert. Les tortues dorment coincées dans des anfractuosités de corail. Et des espèces qu’on ne voit jamais le jour, certaines rascasses, des poissons-scorpion, apparaissent soudainement sous le faisceau de la lampe.
La plupart des clubs proposent des sorties nocturnes sur demande, généralement au départ du bord à 18h-19h. À faire au moins une fois.
Épaves
Le Kei Sei 113 est l’épave de référence pour les plongeurs techniques : un cargo coulé à 75 mètres de profondeur, hors de portée de la plongée récréative. Mais plusieurs épaves plus accessibles existent dans les eaux mauriciennes, dont certaines délibérément coulées pour créer des récifs artificiels. Les clubs locaux connaissent les accès et les conditions, demandez en arrivant.
Clubs, tarifs, et ce qu’il faut savoir avant de réserver
La côte ouest concentre les meilleurs clubs. Atlantis Diving à Flic en Flac a une longue réputation de sérieux et d’encadrement de qualité. Oceanus Diving opère également depuis Flic en Flac. Dans le nord, Stella Diving et Blue Diving sont les références habituelles. La majorité sont affiliés PADI, ce qui garantit un cadre de formation reconnu.
Les tarifs sont raisonnables. Une plongée encadrée tourne entre Rs 1 500 et Rs 2 500 selon le site et le club. Un baptême (première expérience, encadrement renforcé) est généralement autour de Rs 2 500-3 000. Une formation PADI Open Water complète revient à Rs 18 000–25 000, matériel inclus, sur 3-4 jours. C’est moins cher qu’en Europe, avec des conditions nettement plus agréables.
Un conseil pratique : réservez à l’avance en haute saison (juillet-août, vacances scolaires françaises). Les places sur les bateaux sont limitées et les clubs bien notés se remplissent rapidement.
La question environnementale
Les récifs mauriciens sont sous pression. Les épisodes de blanchissement liés au réchauffement des eaux de surface ont touché des zones entières ces dernières années. Certains sites que les anciens plongeurs de l’île décrivent sont devenus méconnaissables. Blue Bay tient bien grâce à la protection du parc marin. Hors des zones protégées, la situation est plus préoccupante.
Choisir un club qui respecte les consignes de non-contact avec le corail, qui refuse d’ancrer sur les récifs, et qui fait un briefing environnemental avant la plongée n’est pas une lubie d’écologiste : c’est ce qui détermine si vos enfants pourront encore voir les mêmes récifs dans vingt ans. Les meilleurs clubs à Maurice le font déjà. Les autres… moins.
Pour préparer votre séjour en dehors de l’eau, notre guide sur les meilleures plages pour le snorkeling complète utilement ce panorama des activités marines, et notre article sur les randonnées à Maurice donne des pistes pour les journées où la mer est moins coopérative.
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Et si vous hésitez encore sur le meilleur moment pour venir, sachez que juin ou juillet reste mon choix personnel : l’eau est fraîche, la visibilité est au maximum, et il y a nettement moins de monde sur les bateaux que pendant les vacances d’été. Le guide du tourisme à Maurice détaille toutes les saisons et aide à planifier en fonction de ce que vous venez chercher.
